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Discours du Président de la République à l’occasion de la 5ème édition de l’Université républicaine de la COJER
Discours et Déclaration
05 décembre 2016

Madame la Présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental,

Mesdames, messieurs les ministres,

Mesdames, messieurs les députés,

Mesdames, messieurs les hauts conseillers,

Messieurs les membres du Conseil économique, social et environnemental,

Madame la coordonnatrice nationale de la COJER,

Camarades membres de la COJER,

Chers invités

C'est toujours avec enthousiasme et ferveur militante que je me retrouve avec vous, jeunesses républicaines du Sénégal.

De la première à la présente édition, le temps ne s'est point arrêté, mais l'Université républicaine reste à la fois pertinente, vivace et très utile. C'est, en effet, une école du savoir et de l'expérience partagés. C'est, par le brassage des jeunes de toutes les régions du pays et de la diaspora sénégalaise, une école de l'unité, de la solidarité et de la fraternité. C'est une école républicaine !

Je vous exhorte, chers camarades jeunes du parti, à persévérer dans cette voie. C'est la seule voie salutaire pour conforter l'espoir et la confiance que j'ai en vous pour poursuivre, demain, nos combats communs contre les inégalités et les injustices. Vous le savez, c'est tout le sens de mon projet politique.

J'ai toujours pensé que la politique, la vraie politique, est d'abord la recherche et la mise en œuvre de solutions aux attentes des populations, c'est avoir le souci constant de leur bien-être, celui des jeunes, des femmes, des agriculteurs, pêcheurs et éleveurs, des ouvriers et des fonctionnaires.

Cette vision de la politique est le fruit d'une expérience de contact permanent avec le Sénégal des profondeurs pour tâter, au quotidien, le pouls de ceux qui travaillent, de ceux qui se battent et espèrent, de ceux qui, malgré les duretés de la vie, s’engagent pour s'en sortir.

Notre combat républicain, c'est d'abord un engagement pour offrir les mêmes chances et opportunités à tous les Sénégalais pour leur permettre de mettre à profit leur talent et leur projet pour vivre dignement et décemment.

Aller à l'école, trouver du travail, se nourrir, se loger, se soigner et avoir accès à des loisirs: voilà à quoi aspire tout citoyen. Et c'est en donnant vie à ces aspirations légitimes que la politique, celle que nous avons fondée sur le socle des valeurs de la République, trouve son sens.

Cette manière de voir est formulée dans notre projet de société Yoonu Yokkute, le chemin du développement véritable. L'homme en est le centre, le point de départ comme le point d'arrivée.

Toute ma politique sociale tire sa source et sa force de cette conviction.

Voilà pourquoi, Chers camarades dès le lendemain de mon investiture, j'ai lancé un vaste programme de réformes sociales qui se poursuit, aujourd'hui encore, et dont la seule finalité est d'améliorer les conditions de vie du peuple sénégalais.

Rappelons, entre autres, la baisse et la maitrise des prix des denrées de première nécessité, la revalorisation des pensions de retraite, la baisse de l'impôt sur les salaires, la baisse du coût du loyer, la Couverture maladie universelle, la carte d'égalité des chances, les Bourses de sécurité familiale, une politique hardie du logement social.

C'est dans la même optique que j'ai lancé des programmes audacieux dont l'impact est immédiat sur le vécu des populations. Le Programme d'urgence de développement communautaire (PUDC), Promovil et PUMA constituent des stratégies d'accélération de la réduction des inégalités et disparités.

Apporter l'eau potable aux populations, éclairer les villages, multiplier les pistes de production, rendre accessibles les services de santé, alléger les travaux de la femme, moderniser les villes intérieures et les banlieues, sortir les zones frontalières de la marge grâce à une présence plus accrue de l'Etat... voilà, entre autres, le souci quotidien qui m'anime.

Dans chacun des domaines cités, les résultats sont tangibles et le rythme des réalisations est inédit dans ce pays où, pendant de longues années, des zones entières se sont senti étrangères sur leur propre terre, car oubliées des politiques publiques.

Si nous voulons réussir cette grande bataille contre les inégalités, les disparités et les injustices, si nous voulons gagner le combat républicain éminemment juste et cohérent avec les aspirations de notre peuple, nous devons bâtir les bases d'une économie plus dynamique, forte, ouverte et créatrice de richesses.

Il nous faut, en d'autres termes, transformer les bases structurelles de notre économie. La politique d'équité sociale, telle que nous l'entreprenons depuis 2012, ne peut être durable si elle ne s'adosse pas à une économie performante.

C'est donc bien à propos que le thème de votre Université porte sur l'An 2 du PSE : Bilan et Perspectives".

 

 

Mesdames, messieurs

Comme vous le savez, le PSE est le cadre de référence des politiques publiques dont l'ambition est de construire un "Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire dans un Etat de droit".

Le PSE est le résultat d'un travail de qualité, effectué d'abord par des Sénégalais engagés et compétents, fonctionnaires et cadres du secteur privés soucieux du devenir de leur pays. Plus de huit documents ont été exploités avec comme socle le programme Yoonu Yokkute.

Sur la base de notre principe d'ouverture, des programmes de plusieurs candidats à l'élection présidentielle de 2012 ont été mis à profit, de même que les conclusions des Assises nationales ainsi que les documents de politique économique et sociale.

J'ai voulu, en effet, que le PSE reflète, dans la mesure du possible, les attentes de notre peuple tout en prenant en compte un environnement international profondément marqué par la mondialisation.

Le PSE repose sur trois grandes orientations stratégiques liées et solidaires.

La première orientation stratégique est la transformation structurelle des bases de l'économie sénégalaise. En effet, pendant longtemps, nous avons géré une économie peu performante, inapte à créer le maximum de richesses et des opportunités d'emploi pour les jeunes en s'inscrivant dans une croissance durable.

Pour relever les défis liés à ce premier axe, nous ne pouvons faire l'économie d'une agriculture moderne, hautement productive, capable d'assurer notre autosuffisance alimentaire grâce à la mécanisation, à la maîtrise de l'eau, à l'absorption de nouvelles technologies générées par l'activité de recherche et à l'amélioration constante des revenus des agriculteurs.

Il s'agit de produire plus et mieux.

La pêche et l'élevage sont inscrits dans la même trajectoire de transformation et de modernisation, en sus des filières de transformation agroalimentaire qui sont un aspect essentiel de notre stratégie d'industrialisation et de diversification de l'économie.

Les infrastructures, l’énergie, les mines, l'habitat, l'économie sociale progressivement modernisée mais également les services, la culture, les sports et le tourisme participent de cette dynamique globale.

Les récentes découvertes de gaz et de pétrole nous offrent de nouvelles opportunités d'accélérer notre stratégie d'émergence à l'horizon 2035.

Je dois rappeler, à ce propos, que l'Etat est décidé à défendre les intérêts du Sénégal, ceux des générations présentes et futures. J'ai expressément inscrit dans la Constitution révisée du 20 mars 2016 une disposition relative à la gestion des ressources naturelles destinées au développement et au bien-être des populations. Hier j’ai procédé à l’installation du Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz (COS – PETROGAZ).

La deuxième grande orientation stratégique concerne le capital humain,  la protection sociale et le développement durable.

Aucune économie ne peut prospérer si elle ne repose pas sur un capital humain de qualité. Notre émergence implique des Sénégalais bien éduqués, bien formés, ayant accès à des services de santé de qualité.

Depuis 2012, des réformes hardies ont été opérées dans tous ces secteurs de l'éducation et de la formation désormais fortement imprégnés de nos besoins de développement. Il a été question, notamment, de revaloriser la formation professionnelle, de favoriser les filières scientifiques et techniques sans aucunement négliger les autres filières.

L'accès aux services de santé, d'eau potable et d'assainissement, de protection sociale des travailleurs, la protection de l'environnement et l'amélioration constante du cadre de vie sont également au cœur de cet axe stratégique du PSE. Je vous disais à l'entame de mon propos, la vie des populations est au centre de notre projet politique.

C'est l'âme même de toute politique véritable.

Toutes les expériences en matière d'émergence et de développement ont clairement indiqué, partout à travers le monde, que le capital humain n'est pas seulement un facteur entre autres facteurs.

C'est le paramètre par excellence pour donner corps à l’économie et au type de société que nous voulons bâtir. 

La troisième grande orientation stratégique est relative à la gouvernance, aux institutions, à la paix et la sécurité. Il s'agit notamment de la promotion de l'Etat de droit, des droits humains et de la justice.

Le PSE s'inscrit également dans la perspective de l'approfondissement de la décentralisation par l'émergence d'une nouvelle territorialité efficace, la promotion de la transparence dans la mise en œuvre des politiques et l'amélioration constante du climat des affaires dans un environnement où la paix et la sécurité sont garanties.

Chers Camarades ;

Mesdames, Messieurs

Je sais que divers intervenants vous entretiendront des réalisations, pour chacune des orientations stratégiques du PSE.

Permettez-moi, cependant, de vous dire que le nouveau Programme Triennal d'Investissements Publics 2017-2019, d'un coût global de 4 791,787 milliards de francs CFA, va nettement renforcer les performances du PSE.

Cette importante enveloppe traduit la confiance dont bénéficie notre pays auprès de ses partenaires avec qui 269 conventions de financement ont été conclues. Elle traduit surtout l'accroissement de nos capacités internes de mobilisation de ressources pour financer notre développement.

Ainsi, pour les trois prochaines années, chacun des trois axes stratégiques du Plan Sénégal Emergent bénéficiera d'un financement conséquent. Les 4 791,787 milliards de francs CFA du PTIP seront répartis comme suit: 

Axe 1 : Transformation structurelle de l'économie et croissance: 3 021,374 milliards FCFA, soit 64%

Axe 2 : Capital humain, Protection sociale et Développement durable: 1 166,633 milliards FCFA, soit 24% et

Axe 3 : Gouvernance, Institutions, Paix et Sécurité: 548,400 milliards FCFA, 12 %.

Notre pays est incontestablement sur la rampe de son émergence. Nous avançons résolument, en toute confiance, vers l'horizon 2035.

Mettons alors à profit nos atouts et nos opportunités. Soumettons-nous au culte du travail et à l'impératif de savoir entreprendre, ensemble et d'un même élan, les projets collectifs salutaires pour la grandeur de notre pays et le bien-être de notre peuple.

Je sais, jeunesses républicaines, que votre pays et votre peuple peuvent compter sur vous. Je sais que je peux compter sur vous, car le PSE engage plusieurs générations ; il concerne les enfants qui naissent au moment où je vous parle, il vous concerne et concerne les plus anciens.

Soyons alors les bâtisseurs exemplaires, pétris des valeurs républicaines, de ce lendemain prometteur de notre cher Sénégal.

C'est sur ces mots que je déclare ouverte la 5e Edition de l'Université républicaine.